Conte érotique à l'orée de la conscience
Un conte érotique à l'orée de la conscience (1986)
Je viens de me réveiller avec un sentiment particulier dont je comprends vite la teneur : je suis à la fois épuisé et exalté, l'un pour n'avoir quasiment pas dormi de la nuit, et l'autre parce que la raison de cette nuit blanche fut notre intimité effrénée. Alors oui, mon corps est à la fois totalement exténué--parce qu'il crie de sommeil--et si aiguisé qu'il pourrait maintenant continuer à chanter à l'unisson du tien.
En fait, où es-tu en cet instant ? Je regarde vers le creux de ton oreiller. Ah, bien sûr, tu m'avais dit hier soir que toi, tu devais te lever relativement tôt pour aller au boulot, me laissant cuver mon ivresse extasiée seul au milieu de ton lit.
J'entends un bruit discret venant de la pièce à côté. Tu dois être en train de faire ta toilette, essayant d'effacer le plus possible les traces de cette nuit folle.
Je me glisse hors du lit, poussé par cette remontée d'ardeur sexuelle, qui en fait s'était à peine amoindrie quand nous avions finalement sombré dans un court sommeil, à l'heure où les oiseaux recommençaient à chanter pour annoncer le retour du miracle qu'est chaque nouveau jour. Je ris doucement de constater que la seule partie encore vaillante de mon corps est ce pénis gorgé de sang qui t'a sans doute habitée des heures durant cette nuit, pendant des étreintes pacifiques et nonchalantes.
Oui, il est là, encore palpitant et chaud, dressé devant moi comme un éclaireur m'indiquant le chemin de son bonheur retrouvé.
Et je te trouve dans cette salle de bain exiguë à la lumière crue qui déjà me fait cligner des yeux alors que je suis encore dissimulé derrière la porte entrebâillée, à te contempler dans toute ton innocence nue.
Tu es en face du lavabo, des gouttelettes de brouillard se déposant lentement sur tes formes douces, y allumant des feux scintillants qui vibrent au rythme de tes mouvements appliqués. Tu te regardes dans le miroir, mettant de l'ordre dans ta chevelure.
J'aimerais pouvoir continuer à te regarder ainsi, alors que tu ne te sais pas encore observée, pour boire la sensuelle douceur de ce corps qui m'a rendu fou toute la nuit. Après m'être repu quelques instants de ce spectacle muet, j'entrouvre enfin la porte pour rentrer, en silence. Bénédiction, tu ne m'as ni vu ni entendu arriver, tant tu es prise par les soins que tu te prodigues. Tu en es maintenant à appliquer sur ton visage cette crème blanchâtre dont l'odeur me ramène si loin dans le passé, évoquant la tendre douceur de la féminité sous toutes ses facettes. Mon excitation n'en devient que plus intense. Je te touche presque et tu ne sais pas encore que je suis là ! Quelle exaltation !
Finalement, il va bien falloir que d'une façon ou d'une autre tu te rendes compte de ma présence, car mon pénis va bien en arriver à te toucher le bas du dos avant que tu ne saches ce qui t'arrive, et je ne voudrais pas t'effrayer !
Tu as la miséricorde de lever les yeux, imperceptiblement, si lentement et pourtant si délibérément que je peux que réaliser sur-le-champ qu'après tout tu savais que j'étais là tout du long. Oh, ma tendre compagne, quel cadeau tu m'as ainsi fait : me laisser l'illusion d'être un chasseur à l'affût alors que j'étais déjà entièrement englouti dans ton filet sans rémission possible.
Le regard que tu me donnes me confirme que c'est moi qui suis la proie, et pourtant tu me tournes le dos, m'offrant ta croupe si vulnérable que ce serait encore à s'y tromper. L'étincelle dans tes yeux fait pâlir les myriades de gouttelettes constellant maintenant ton corps tout entier.
Je m'arrête, plutôt, je tombe en arrêt, comme si ce regard pouvait contrôler tous mes muscles, et que sans un mot tu puisses faire de moi ce que tu désires. Combien loin me voilà de mon rôle de chasseur astucieux : paralysé par un simple regard !
Le regard s'adoucit, non, il ne peut s'adoucir car il ne contenait pas une once de dureté, mais en fait il me libère, il lève le sort qu'il m'avait jeté. Il voulait simplement me faire réaliser l'ampleur de ma méprise concernant qui est la proie et qui est à l'affût. La paix revient, et je peux continuer à m'approcher de toi, cette fois à découvert, en terrain dégagé.
Le pas ou deux qui me sépare de toi est vite franchi. A la rude chaleur devenue presque inconfortable se dégageant de mon pénis en éruption s'ajoute maintenant celle, subtile, de tout ton corps exposé si près du mien.
Je me plaque contre toi, d'abord lentement afin que mon pénis puisse trouver sa place le long de ta colonne vertébrale, puis fermement comme pour une fois de plus me perdre en toi par la force de mon étreinte. Nos corps prennent le temps d'apprécier la différence de leurs températures : je viens d'une pièce relativement fraîche et sèche, alors que tu as été dans cette atmosphère moite depuis quelque temps.
Les serpents de mes bras contournent tes flancs pour assurer une étreinte plus intense, augmentant la surface de contact entre nos corps dont la température continue d'augmenter de façon notable. Au-delà du contact étroit de mes bras et de mes avant-bras, mes poignets sont courbés pour permettre à mes mains d'être totalement libres. Tu ne sais donc pas où elles se trouvent (bien sûr, tu as depuis longtemps fermé les yeux, afin que le miroir qui te fait face ne trahisse pas mes mouvements, car tu as décidé de t'abandonner totalement entre mes mains, forte du souvenir de la nuit passée).
Mes mains te caressent le ventre et remontent lentement, se laissant guider par l'entonnoir de tes côtes, passant juste entre tes seins. Ces derniers sont en état d'alerte, aussi à la fois épuisés par tant de caresses la nuit durant et encore assoiffés de contact.
Mes mains remontent jusqu'à tes épaules, et tes seins se retrouvent emprisonnés contre l'intérieur de mes coudes, qui se referment de plus en plus et attrapent comme en une pince molle tes tétons durs et relevés, pour les tirer gentiment vers la glace, ce qui amène une vague de frémissements dans tout ton corps, comme si tu réalisais tout d'un coup que tu as froid. Ce n'est cependant pas de froid que tu trembles, mais de plaisir, d'anticipation, d'attente.
Mes bras se plaquent de nouveau contre ton corps, reposant sur tes hanches, mes mains maintenant formant une coupe plaquée contre ton pubis, en épousant la courbe bombée. Elles reposent là, immobiles, sentant les pulsations de ton sang surgissant lui aussi à l'appel du plaisir.
Nous restons quelques secondes en une totale immobilité, pourtant secoués par les pulsations de nos artères amplifiées par la proximité de notre contact. Nos cœurs sont devenus des tambours effrénés dont les échos résonnent de nos tempes à nos entrejambes.
Mes mains sentent une humidité croissante se déversant sur elles de tes entrailles. Elles se plaquent plus près encore contre toi pour jouer avec ce glissement si onctueux.
Par ce qui semble être un effort surhumain, mon corps se détache un peu du tien, afin que ma bouche puisse lentement atteindre ton cou. Tu as la tête penchée en avant, comme si tu ne voulais pas la porter, et elle m'ouvre toute la surface disponible, d'une épaule à l'autre.
D'abord ma langue glisse le long de cette peau délicieuse--y détectant un mélange de brouillard de douche et de sueur, ce qui ajoute un goût salé très plaisant--d'une épaule à l'autre, lentement, très lentement. Puis je commence à te mordiller par-ci par-là, ce qui à chaque fois t'arrache de légers frissons, et maintenant des bruits feutrés qui semblent ne pas sortir de ta gorge, mais directement de ta peau, de tout ton corps. Chaque mordillement est suivi d'une attente délibérée durant laquelle ma bouche n'est plus en contact avec ton corps, alors que tu peux sentir par le contact de nos troncs que ma tête se déplace. Cela t'indique que le prochain mordillement va bientôt arriver, mais tu ne sais pas où. Et c'est cette attente qui t'est presque intolerable. Les bruits feutrés deviennent des gémissements, et les frémissements des contractions, et il est clair que ce n'est pas de douleur que tu te tords !
J'abandonne le cou et les épaules, suivant le chemin facile tracé par les bornes des vertèbres qui m'indiquent la voie à suivre. Je mordille de part et d'autre de ce sentier cahoté, là où la chair peut être prise à pleine dent sans douleur.
L'excitation de l'inconnu est remplacée par l'anticipation du parcours connu, car maintenant tu sais que la prochaine bouchée sera prise un peu plus bas que la précédente. Je peux sentir que tu prépares l'endroit en question à me recevoir, et nous sommes en unisson dans ce ballet oscillant d'un côté à l'autre.
Au fur et à mesure de ma progression, je me baisse, écartant les jambes pour assurer mon assise. Mon pénis a donc glissé de ton dos, laissant une trace humide et plaisamment gluante, un fil fin entre ton dos--puis l'espace entre tes fesses--et son gland à découvert ; fil qui finit par se rompre au milieu et pendre vers le sol, attrapant un scintillement qui décrit un arc harmonieux entre mes jambes vacillantes mais fermement plantées.
Avec l'aide de la pesanteur, je continue ma progression. Mes mains agrippent tes hanches, tirant la peau, ce qui tend ton pubis et intensifie le battement du sang.
Je me retrouve presque sur les genoux, lèvres et dents explorant avec volupté la chair généreuse de tes fesses. Je m'y plonge avec délice, doucement secouant la tête d'un côté à l'autre quand je tiens un morceau de chair, comme si je voulais l'arracher, mais bien sûr cela ne te fait pas mal ni ne t'inquiète sur mes intentions, car c'est doux, tendre.
La ligne que j'ai suivie me mène à une gorge qui devient de plus en plus profonde alors que je continue à me diriger vers le bas. Je peux ressentir chez toi une fraction de seconde d'hésitation, les images qui essayent peut-être d'envahir ton esprit pour te détourner du plaisir qui monte. Mais tu dois réaliser qu'en plus de savoir que tu viens de prendre une douche, je suis le mieux placé de toute façon pour juger de jusqu'où je veux aller.
Alors je continue, pris comme par une douce folie de jouissance.
Car il faut dire que si tu as montré l'intensité de ton plaisir par tes mouvements, les sons que tu produis, et le liquide qui maintenant coule libéralement le long de tes jambes, la mienne de jouissance n'en est pas moindre. Je suis ivre au point de sentir ma tête en feu. Ma langue est devenue si sensible que le simple contact de ta peau lui occasionne des lancées de plaisir intense.
Après avoir pris quelques dernières bouchées de tes fesses, à l'endroit le plus charnu, je continue exclusivement avec ma langue, ce qui amène une atmosphère totalement différente, comme si tout d'un coup on avait tamisé la lumière. Tout devient douceur et lenteur. Si tes épaules et ton cou m'avaient offert un mélange de fluides savant, ici je rencontre plus de sueur, quasiment ruisselant entre tes fesses, rassemblée par le bas de ton dos. Je la bois presque, ce qui attise ma soif à cause du sel.
J'écarte doucement tes fesses, pour découvrir une zone où la peau a une douceur quasiment unique, la peau du bébé primordial. Je m'en délecte, ne sachant quel est le plus doux : le bout de ma langue ou la peau contre laquelle il tâtonne doucement. Le mouvement devient une série de contacts posés, d'effleurements presque sans mouvement latéral, ma langue se posant puis se relevant, pour déjà aller se poser à côté, à chaque fois créant un contact humide d'une teneur différente. Et à chaque fois qu'elle quitte ta peau, j'aspire doucement l'air autour de ma langue, ce qui a pour effet d'abaisser la température, te donnant un frémissement qui va se confondre avec l'émoi qui s'empare de toi.
Je me rends vite compte que la région autour de ton anus est incroyablement sensible. J'en perds presque mes moyens de pouvoir te faire gémir un peu plus à chaque fois par le seul contact éphémère d'une fraction du bout de ma langue contre ta peau si douce que j'arrive à peine à la distinguer quand je la touche.
Tes gémissements deviennent prières de continuer, tu as clairement rejeté les fausses idées inconfortables concernant l'endroit auquel je rends visite. Tu t'abandonnes au plaisir pur de cette langue ensorcelée qui te parcourt le pourtour de l'anus en une danse folle et pourtant si lente et floue. Ton ressenti devient si intense que tu as besoin de t'agripper au rebord du lavabo pour ne pas tomber par terre.
Par osmose ou par le simple plaisir de jouir du plaisir que l'on peut donner, je ne vaux guère mieux:. Je ne m'attendais pas, en rentrant dans cette salle de bain, à faire une des expériences les plus intenses de ma vie, et surtout avec si peu de mouvement : simplement le bout de ma langue allant discrètement à la découverte d'une zone normalement interdite et considérée comme au plus sale ou peu intéressante, et qui s'avère être la source d'un plaisir d'une intensité renversante !
J'en suis à me demander si tu ne vas pas trouver le moyen de jouir tant ton corps continue de réagir en un crescendo qui ne permet pas de méprise. Et je peux ressentir que l'intensité du plaisir, du moins de ses manifestations externes, augmente avec la proximité croissante de mes attouchements avec ce muscle ridé qui ferme ton rectum.
Je me dois donc de poursuivre mon exploration plus avant, pris par l'intensité de mon propre plaisir. Ma langue, jusqu'alors au plus papillon voletant de-ci de-là, s'applique avec plus de poids, se faisant pointue pour avoir plus de force, et je commence à la promener sur le pourtour du sphincter, chaque arrêt offrant une pression ponctuelle sur le muscle à la grande résilience, contraste avec la peau délicieusement douce l'entourant.
Ta réaction est claire : l'intensité de tes gémissements et des trémoussements de ton arrière-train monte en flèche ! Je continue donc ce processus de trouver les endroits qui la feront encore augmenter. Tout le pourtour du muscle est donc par cette exploration déclaré zone érogène de première classe !
Les forts gémissements deviennent subitement des râles profonds et tes mains agrippent les miennes et les serrent en un geste dont le sens est sans équivoque bien qu'exprimé sans mots : "Comment au ciel peux-tu me donner tant de plaisir en CET endroit !", quand ma langue s'enhardit, après avoir joué assez longtemps sur toute la surface du muscle, et concentre ses pressions sur la dépression se trouvant en son centre.
Ma langue est forte, et bien lui en prend, car ce muscle est très puissant et résistant ! J'arrive quand même à le faire se relâcher un peu, suffisamment pour pouvoir insérer ma langue de quelques millimètres, produisant par un mouvement de va et vient un contact très spécial entre ma langue et le côté du muscle. Le mouvement est amplifié par le contact très serré. Tout en faisant cela, ma bouche est pleine du sphincter et de la peau environnante, au point que mes dents peuvent doucement prendre et serrer le sphincter comme pour lui donner un massage, alors que ma langue continue son va et vient en douceur.
Je crois que tu aurais vraiment fini par jouir si tu n'avais pas soudainement réalisé que tu allais être en retard.
Pour que nous nous séparions en de bons termes, je te fais soudainement faire volte-face et j'introduis mon pénis ruisselant de désir lubrifiant dans ton vagin en détresse en une unique poussée puissante, aussi profond que peux. Je pousse un râle de Tarzan vainqueur, contracte mon pénis avec toutes les forces de mon corps pour en amplifier la présence et que ton corps se souvienne de sa présence jusqu'à notre prochaine rencontre.
Puis je le retire avec la même force rageuse, te laissant là, pantelante, à finir ta toilette, après t'avoir une dernière fois sucé les tétons.

Commentaires